Quand une posture ne vous convient pas

Je ne sais pas si vous avez déjà entendu dire que nous devrions pratiquer certaines postures tous les jours pour notre santé physique et articulaire. 
Celle que j'ai le plus entendue — et que j'entends encore — est Malasana, la posture du squat ou de la guirlande. Elle semble être une posture magique : elle faciliterait le transit, améliorerait la mobilité et constituerait la position idéale pour s'asseoir.

Pourtant, de mon côté... je ne me rappelle que de la frustration qu'elle me générait en cours. Je ne savais pas trop comment me tenir. Et quand je la pratiquais, au bout de deux secondes, je souffrais tellement que je n'avais qu'une envie : en sortir.

Plus j'essayais, plus je me sentais mal. J'avais mal aux lombaires, des gênes apparaissaient dans les genoux, je ne pouvais plus respirer... Et ce confort dont tout le monde parlait était tout simplement absent. Je voulais juste m'enfuir.

Quand quelque chose est « pour tout le monde »

Lorsqu’on entend des affirmations aussi catégoriques, il y a une part de vérité… mais il manque un élément essentiel : le contexte du corps qui réalise la posture.
Même s’il s’agit de postures que nous « devrions » pouvoir faire naturellement, il est possible que notre corps ait perdu la mobilité nécessaire et qu’aujourd’hui, il ne soit pas prêt. Insister sans avoir la mobilité suffisante peut produire l’effet inverse. Comme on dit chez moi : il ne faut pas que le remède soit pire que le mal.
C’est pourquoi, avant de forcer, il est plus utile d’observer ce qui nous limite, d’évaluer ce dont notre corps a réellement besoin et de travailler sur ces points pour atteindre la posture souhaitée.

Prenons l’exemple de Malasana.
Que faut-il vérifier pour la pratiquer confortablement ?

Pour pouvoir réaliser Malasana (le squait profond ou posture de la guirlande) et bénéficier de ses bienfaits, nous avons besoin de :

  • Une bonne mobilité des chevilles et des hanches surtout.
  • Assez de force dans le dos pour maintenir le buste droit.
  • Assez de force dans les fessiers pour maintenir la rotation externe de la hanche.
  • Un contrôle de la respiration.

Sans cela, il sera difficile d’être à l’aise et d’obtenir les résultats souhaités.

Regardons ces points de plus près :

1. Mobilité des chevilles (dorsiflexion) :

Avez-vous une flexion suffisante pour ne pas basculer en arrière ?
Si la cheville manque de mobilité, le corps part vers l’arrière. Pour ne pas tomber, on compense en arrondissant le dos, ce qui crée des tensions (voire des douleurs) dans le cou ou les lombaires.

Dans ce cas, il vaut mieux travailler la mobilité de la cheville de manière isolée.

2. Ouverture des hanches

Vos hanches sont-elles assez ouvertes pour descendre suffisamment ?
Si ce n’est pas le cas, la posture sera inconfortable, les genoux risquent de rentrer vers l’intérieur et la posture s’écroulera vers le sol.

3. Stabilité et force (fessiers et dos) :

Pouvez-vous maintenir la rotation externe de la hanche sans que le pied ne s’affaisse vers l’intérieur ?
Pouvez-vous garder le dos droit ?
Sans force dans les fessiers, le pied s’écroule, les genoux compensent en augmentant la pression articulaire, et la posture cesse d’être saine.
Si le dos manque de force, la poitrine tombe vers l’avant et les lombaires compensent

4. Respiration et confort :

C’est l’indicateur majeur que nous oublions souvent :
Pouvez-vous respirer calmement ?
Si vous ne pouvez pas contrôler votre souffle, vous ne progressez pas, vous forcez. Le système nerveux est en alerte et le corps ne peut pas intégrer le travail.

Pour moi, réaliser la posture n’est pas le plus important ; ce qui compte, c’est comment nous la faisons et comment nous nous sentons en la faisant.

Observez ces deux postures :











Entre une posture et l’autre, la différence n’est pas seulement esthétique.
Dans la première image, on voit la stabilité et le confort avec lesquels la posture est tenue.
Dans la seconde image, pour tenir la position, il est nécessaire de compenser le manque de force et de mobilité. Le dos s’arrondit, le corps se ferme vers l’avant, créant des tensions dans le cou et les lombaires.

Souvent, je m’installe dans une posture en me disant : « Place-toi comme si tu devais rester ainsi pendant 20 minutes ». De cette façon, je sais que je m’installerai de manière confortable pour pouvoir approfondir ensuite et respirer dans le calme.

La variante que vous pouvez faire aujourd’hui

Votre corps vous donne des informations en permanence. Je vous propose de tester la posture et d’observer :

  • Le poids est-il sur l’extérieur du pied ou s’effondre-t-il vers l’intérieur ?
  • Votre torse est-il droit ou vos épaules s’arrondissent-elles ?
  • Votre respiration est-elle fluide ou bloquée ?
  • Pourriez-vous tenir 5 minutes en respirant avec contrôle ?

Les réponses vous aideront à savoir s’il vaut mieux simplifier la posture pour être à l’aise.
Si la posture complète n’est pas encore accessible, voici une variante pour préparer votre corps progressivement :

Malasana avec support — pas à pas :

Asseyez-vous sur un support (bloc, coussin ferme, chaise basse) qui vous permet de garder le buste droit et de respirer calmement.

Ouvrez les jambes à la largeur de vos hanches et reculez un peu les pieds pour travailler la flexion des chevilles.

Placez les bras tendus vers l’avant, en appui à l’intérieur des cuisses (sans forcer, juste pour vous aider à rester droit).

Sentez le travail des muscles internes des jambes et de l’aine, tout en gardant une respiration longue et contrôlée.

Faites 5 ou 6 respirations profondes. Relâchez, reposez-vous, et répétez une fois.

Pour terminer…

Pour moi, Malasana n’est pas une posture magique. C’est un outil qui nous renseigne sur notre corps. Sa valeur dépend de la manière dont nous l’utilisons. Il ne s’agit pas de la faire « parce qu’il le faut », mais parce qu’elle a du sens pour nous.

Si aujourd’hui vous ne pouvez pas encore la faire, trouvez la version qui vous permet de respirer, de sourire et, surtout, d’apprécier l’instant.

Dites-moi… à quoi ressemble votre Malasana ?

Dans le prochain article...
Nous continuerons à explorer notre corps.

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